08 Déc 2020

Investir dans le scénario 1,5°C grâce à nos portefeuilles alignés sur l'accord de Paris

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Aligner ses activités sur un scénario 1,5° C, qu'est-ce que ça signifie ?

L'accord de Paris vise à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, avec un maximum absolu de 2°C. A l'heure où l'adoption de l'ambitieux objectif de 1,5 °C se généralise parmi les opérateurs, de plus en plus d'entreprises doivent d'urgence mettre en place la logistique nécessaire à la mise en œuvre de cette transformation majeure.

Que l'on soit gérants actifs, assureur ou fournisseur d'énergie, les questions sont les mêmes : comment réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 ? Comment progresser vers la neutralité carbone à l'horizon 2050 ? Et, tout aussi important, quelles mesures prendre pour inciter les investisseurs à vous suivre dans cette voie ? Ou, en tant qu'investisseur, comment encourager les entreprises détenues en portefeuille à prendre une part active à ce changement ?

Le 18 novembre dernier, Lyxor ETF a tenté de répondre à ces questions, à l'occasion d'une discussion de panel réunissant des gérants actifs, assureurs et fournisseurs d'énergie européens. Au coeur des débats : l'investissement climatique en 2020.

Vous pouvez accéder au replay ci-dessous ou découvrir les points marquants retranscrits comme suit.

Nos intervenants

Dr Marc-Gregor Czaja, CFA - Responsable mondial Actions et Dérivés - Stratégie d'investissement (Allianz Investment Management)

Erick Decker - CIO Europe du Sud et Nouveaux marchés et Head of Responsible Investment (AXA)

François Millet – Responsable Stratégie, ESG & Innovation (Lyxor ETF)

John MacArthur – Vice-président du Groupe Carbone (Shell)

Liza Jonson – Chief Executive Officer (Swedbank Robur)

Animé par Matthieu Mouly – Chief Client Officer at Lyxor ETF

Les extraits suivants ont été édités pour plus de clarté.

Matthieu: Où en est-on au niveau du reporting carbone, Marc-Gregor ? Est-ce encore un peu le « Far West » dans ce domaine ?

Marc-Gregor:

“Je pense que nous allons dans la bonne direction, mais qu'il reste encore du chemin à parcourir. Le reporting carbone a dépassé le stade du « Far West », mais il ne s'agit pas encore d'une pratique complètement établie. La communication des données sur le carbone des clients demeure à l'appréciation de chacun et présente quelques lacunes, notamment pour les données prospectives.

Si l'on examine les grandes capitalisations internationales, on constate que 10% se sont fixé des SBT [Science Based Targets ou objectifs fondés sur une base scientifique], 10% ont d'autres types d'objectifs quantitatifs, et 30% ont ce que j'appelle des « déclarations qualitatives ». Ainsi, environ 50% des entreprises à grande capitalisation évoquent des plans d'avenir - c'est largement insuffisant. Pour les investisseurs, les données prospectives sur le carbone sont plus importantes que les données rétrospectives.

Les progrès sont là. Le Protocole sur les gaz à effet de serre constitue une bonne base. Le Groupe de travail sur la publication d’informations financières relatives au climat (TCFD) est une excellente initiative. Le Royaume-Uni a récemment annoncé la mise en place d'un système de reporting obligatoire selon les normes du TCFD - c'est ce dont nous avons besoin, pour passer définitivement du Far West à une situation établie.”

Matthieu: Erick, comment AXA utilise-t-elle le cadre de recommandations du TCFD et les objectifs fondés sur une base scientifique ?

Erick:

“Nous sommes tous confrontés à la même question : comment obtenir des informations sur les entreprises que nous puissions comparer et comment utiliser ces informations pour prendre des décisions d'investissement. Chez AXA, nous croisons les recommandations du TCFD avec les dispositions contraignantes de l'Article 173* en France.

Selon le TCFD, les éléments à décrire sont la stratégie, les risques, les KPI (Key Performance Indicators) et le cadre de rapport. Qu'est-ce qui est le plus important ? Pour nous, ce sont les KPI.

L'examen de l'empreinte carbone ex post n'est pas vraiment utile en termes de stratégie d'investissement et de direction à prendre pour atteindre l'objectif de la neutralité carbone. Nous avons besoin de données prospectives, d'indicateurs prospectifs et d'engagements prospectifs.

Tout commence au niveau des entreprises. Sans engagements, il est difficile d'avoir un indicateur de performance clé tourné vers l'avenir. Les KPI doivent être calculés à l'aide des informations que les entreprises peuvent fournir.

Nous sommes enthousiastes concernant l'initiative SBTi [Science Based Targets initiative], et nous aimerions que le plus grand nombre possible d'entreprises s'inscrivent dans ce cadre - une convergence de fournisseurs utilisant ce type de données pour fournir une sorte de KPI, de notation ou de message aux investisseurs comme nous afin de comprendre si des entreprises spécifiques sont sur la voie de la transition vers le zéro émissions.”

Matthieu: Liza, chez Swedbank Robur, vous êtes bien en avance sur la tendance, en visant l'alignement sur l'accord de Paris d'ici 2025 et la neutralité carbone d'ici 2040. Comment avez-vous abordé ce défi ?

Liza:

“J'adhère totalement aux propos d'Erick : il faut absolument disposer de données prospectives. Notre approche, chez Swedbank Robur, s'articule autour de stratégies et d'objectifs ambitieux, qui partent du postulat que le changement climatique représente le plus grand risque financier pour l'économie mondiale. Nous sommes l'un des plus grands gestionnaires d'actifs de la région nordique et nous nous sommes fixé une mission claire : pour un gestionnaire d'actifs, il n'est pas possible de s'aligner sur un quelconque objectif sans l'appui des gérants de portefeuilles et de l'entreprise tout entière pour réaliser un changement d'une telle ampleur.

Ces trois dernières semaines, je les ai passées avec chacun des gérants de portefeuilles de Swedbank, le responsable des investissements et le responsable de la durabilité. Chaque gérant nous a présenté sa stratégie d'alignement sur l'accord de Paris d'ici 2025.
La tâche sera loin d'être aisée. Cela fait plusieurs années déjà que nous divulguons notre empreinte carbone, mais comme mes collègues l'ont mentionné, il s'agit du passé. Cela ne dit absolument rien sur la trajectoire future, ni sur les émissions Scope 3 et 4**.

À l'avenir, nous avons besoin d'indicateurs de la part des entreprises : des rapports de durabilité et des objectifs fondés sur une base scientifique. Si nous ne les obtenons pas, ces entreprises ne seront pour nous plus éligibles à un investissement. Il nous est impossible d'évaluer une entreprise dont nous ne connaissons pas l'orientation actuelle ou projetée.

Le cadre du TCFD est formidable parce qu'il attire l'attention sur les quatre composantes du reporting climatique. Pour qu'il soit pertinent, nous avons vraiment besoin des SBT, grâce auxquels nous pouvons constater que l'entreprise s'est engagée sur une trajectoire concrèteé.”

Les échanges ci-dessus sont quelques uns des points saillants issus des échanges de notre panel d'experts. Vous pouvez écouter l'intégralité du débat, y compris les intervenants de Shell et Lyxor ETF, en regardant la vidéo ci-dessous.

*L’article 173-VI de la loi française relative à la transition énergétique pour la croissance verte, qui est entrée en vigueur en janvier 2016, fixe des objectifs ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), de consommation d’énergie et de rapport entre les carburants fossiles et les énergies renouvelables.
**Les « émissions Scope 4 » sont un terme proposé pour désigner les « émissions évitées ».

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RISQUE DE REPLICATION : Les objectifs du fonds peuvent ne pas être atteints si des événements inattendus surviennent sur les marchés sous-jacents et ont un impact sur le calcul de l’indice et l’efficacité de la réplication du fonds.
RISQUE DE CONTREPARTIE : Dans le cas des ETF synthétiques, les investisseurs sont exposés aux risques découlant de l’utilisation d’un Swap de gré à gré avec la Société Générale. Conformément à la réglementation OPCVM, l’exposition à la Société Générale ne peut pas dépasser 10% des actifs totaux du fonds. Les ETF à réplication physique peuvent être exposés au risque de contrepartie s'ils ont recours au prêt de titres. 
RISQUE SOUS-JACENT : L’Indice sous-jacent d’un ETF Lyxor peut être complexe et volatil. Dans le cas des investissements en matières premières, l’Indice sous-jacent est calculé par rapport aux contrats futures sur matières premières, ce qui expose l’investisseur à un risque de liquidité lié aux coûts, par exemple de portage et de transport. Les ETF exposés aux Marchés émergents comportent un risque de perte potentielle plus élevé que ceux qui investissent dans les Marchés développés, car ils sont exposés à de nombreux risques imprévisibles inhérents à ces marchés. 
RISQUE DE CHANGE : Les ETF peuvent être exposés au risque de change s’ils sont libellés dans une devise différente de celle de l’Indice sous-jacent qu’ils répliquent. Cela signifie que les fluctuations des taux de change peuvent avoir un impact positif ou négatif sur les rendements. 
RISQUE DE LIQUIDITE : La liquidité est fournie par des teneurs de marché enregistrés sur les bourses où les ETF sont cotés, en ce compris la Société Générale. La liquidité sur les bourses peut être limitée du fait d’une suspension du marché sous-jacent représenté par l’Indice sous-jacent suivi par l’ETF, d’une erreur des systèmes de l’une des bourses concernées, de la Société Générale ou d’autres teneurs de marché, ou d’une situation ou d’un événement exceptionnel(le).
RISQUE DE CONCENTRATION : Les ETF thématiques et Smart Beta sélectionnent des titres actions et obligations pour leur portefeuille sur la base d’un indice d’origine de référence. Dans le cas où les règles de sélection sont particulièrement strictes, le portefeuille peut être plus concentré et le risque est réparti sur moins de titres que l’indice d’origine.

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